Les dirigeants d’entreprise individuelle ou de
société non cotée qui envisagent de donner leur entreprise ou les titres de la
société qu’ils dirigent peuvent consulter l’administration sur la valeur vénale
de ces biens.
Le
principe du rescrit-valeur : Cette procédure permet à tout chef d’entreprise,
qui souhaite donner son outil de travail, de consulter l’administration sur la
valeur à laquelle il estime son entreprise et, en cas d’accord du service, de
passer dans les 3 mois l’acte de donation sur la base acceptée par
l’administration, sans que cette dernière puisse en remettre en cause
ultérieurement la valeur.
Cette
procédure ne fait pas l’objet d’une disposition législative, mais d’une
instruction fiscale (Instr. 8 janv. 1998, BOI 13 L-2-98), pérennisée par une
autre instruction (Instr. 11 sept. 2006, BOI 13 L-5-06).
Le
délai de réponse de l’administration a d’ailleurs été ramené de 9 mois à 6 mois
par cette instruction fiscale.
Désormais,
la procédure de rescrit-valeur est légalisée (LPF, art. L. 18 nouveau). Ainsi,
l’administration des impôts ne peut rectifier le prix ou l’évaluation du bien
(LPF, art. L. 17), lorsque le donateur qui envisage la donation de tout ou
partie de son entreprise individuelle ou des titres de la société non cotée
dans laquelle il exerce des fonctions de direction a rempli les trois
conditions suivantes :
–
avoir, de bonne foi, préalablement à la donation, consulté par écrit
l’administration sur la valeur vénale à laquelle il estime son entreprise ;
–
avoir fourni à l’administration tous les éléments utiles pour apprécier la
valeur vénale du bien dans le cadre de l’opération de donation envisagée ;
–
avoir, dans un délai de 3 mois suivant la réponse de l’administration, réalisé
la donation sur la base de la valeur expressément acceptée par celle-ci.
Cette
disposition ne s’applique pas aux titres de sociétés qui ont pour activité
principale la gestion de leur propre patrimoine mobilier ou immobilier (CGI,
art. 885 O quater).
Un
décret en Conseil d’Etat précisera les documents et informations qui devront
être fournis par le contribuable.
Il
n’existe aucune précision sur la date d’entrée en vigueur de ce dispositif. S’agissant
d’une loi de finances rectificative, on peut considérer qu’il s’applique depuis
le 1er janvier 2009.
Nos
observations : cet article légalise une pratique de l’administration qui
permettait de faire valider la valeur d’un bien avant une donation.
Un
regret : que le législateur n’ait pas souhaité sortir du cadre très étroit
de la pratique antérieure.
En
effet, le rescrit ne peut porter que sur la valeur d’une entreprise
individuelle ou des titres d’une entreprise dans laquelle le donateur exerce
des fonctions de direction.
Cette
restriction pouvait se concevoir dans le cadre d’une simple pratique de l’Administration.
Elle devient difficilement justifiable pour une garantie légale du
contribuable. L’extension du champ d’application de ce rescrit semble
inévitable et souhaitable.
L.
fin. rect. 2008, n° 2008-1443, 30 déc. 2008, art. 46
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